«Lorsque ma sœur était malade, elle a pu rester avec nous à la maison»

L’ex-Miss Suisse Lauriane Sallin répond à nos «5 questions». La Fribourgeoise de 25 ans évoque ses défauts, sa fille, mais aussi la disparition de sa sœur aînée.

Magazine ASD: En tant que Miss Suisse, vous avez toujours tenu à faire entendre votre voix. Que répondez-vous aux critiques qui taxent ce genre de concours de superficiel voire de sexiste?
Lauriane Sallin:
Ce qui m’a poussé en premier lieu à me présenter au concours Miss Suisse, c’était de mettre à mal le cliché encore trop présent de la jolie jeune femme bête et superficielle. Pour moi, la beauté est un essentiel et un droit, celui d’être et d’apparaître comme bon nous semble. Pour moi, Miss Suisse était un rôle dans lequel je voulais être aussi naturelle et proche de la fille que j’étais au quotidien.

Il y a quatorze mois, vous êtes devenue maman d’une petite Madeleine. Vous lui consacrez votre temps, mais il vous en reste pour vos nombreuses passions, dont le dessin. Quelle profession rêviez-vous d’exercer étant enfant?
J’ai toujours rêvé d’aventure, de connaître le monde, de mettre au défi mes idées et de comprendre le pourquoi du comment. J’aurais voulu faire mille métiers différents mais c’est lors d’un stage d’archéologie, lorsque j’avais 20 ans, que j’ai été bouleversée. Je me suis soudain rendu compte qu’à travers les vestiges du passé, je pouvais avoir accès à une petite part de la vie quotidienne de nos ancêtres. Mais Madeleine et mon mari ont changé ma vie. De par mon expérience vécue avec ma sœur, j’ai l’impression d’avoir le devoir de réaliser le meilleur de cette existence, et aujourd’hui, c’est auprès de ma fille que le plus beau se réalise. Aucune étude, profession, rôle n’ont plus «besoin» de moi que Madeleine. Les premières années d’existence d’un enfant sont importantes et je veux être à ses côtés. Plus tard, on verra. J’ai beaucoup d’idées et, au quotidien, je les réalise à travers mes dessins mais aussi des textes et bien d’autres choses.

Vous apparaissez ponctuellement dans les médias, mais vous cultivez aussi le mystère. Accepteriez-vous de révéler une lubie ou un défaut encore inconnu du public?
Pour les manies, il faudrait demander à un de mes proches. Mais les défauts, j’en ai bien quelques-uns. Je ne suis jamais à l’heure, difficilement joignable et chaotique. Pour ma défense, cela vient de mon côté rêveuse et amoureuse de la vie. L’heure, l’ordre et le téléphone, je les oublie facilement pour vivre au présent avec les gens qui m’entourent.

Vous suscitez beaucoup d’admiration. Et vous, de qui êtes-vous fan?
Je ne pense pas être fan d’une personne. J’ai une vision vraiment égalitaire des êtres humains et, pour moi, il y a des gens incroyables et des rencontres magnifiques à faire tous les jours. Mais s’il y avait une personne que je pouvais rencontrer je dirais Julien Doré. J’aime ses chansons, sa musique et surtout ses textes.

Dernière question: quelle est votre expérience avec l’Aide et soins à domicile?
C’est un service formidable. Lorsque ma sœur était malade, elle a pu rester avec nous à la maison. Permettre aux personnes malades de vivre chez elles, près de leur famille, dans leur intimité, change fondamentalement la manière de traverser cette épreuve. L’hôpital a son rôle bien évidemment, mais donner la possibilité de rester chez soi est un choix essentiel. Je me souviens des infirmières qui ont partagé cette période avec nous et j’aimerais profiter de souligner leur gentillesse et leur bienveillance envers ma sœur et notre famille. J’ai découvert que lorsqu’un membre de la famille souffre, c’est toute la famille qui est malade. Une famille, c’est comme une seule personne, dont chaque membre tâche de trouver sa place pour vivre en harmonie.

Flora Guéry

Biographie express
Lauriane Sallin a vu le jour le 11 août 1993 à Belfaux (FR). Elle a étudié le français, l’histoire et l’archéologie à l’Université de Fribourg. En 2015, elle perd sa sœur Gaëlle à la suite d’une tumeur au cerveau. Cette disparition marque son parcours dans le concours Miss Suisse. Elle y évoque le dur combat mené par son aînée contre le cancer. Le 7 novembre, elle remporte l’élection à Bâle. Durant son règne (de plus de deux ans), elle devient ambassadrice de Terre des hommes et de la Fondation Corelina. Pour une mission humanitaire, elle décide d’obtenir le permis poids lourd afin d’acheminer du matériel médical jusqu’au Maroc. En voyage en Grèce, elle rencontre son futur mari, Giorgos Palamaris, sculpteur et tailleur de pierre. Le 13 mai 2018, ils deviennent parents de Madeleine. Lauriane Sallin partage ­actuellement sa vie entre la Suisse et la Grèce et développe ses talents artistiques. Ses dessins ont fait l’objet d’une première exposition («Caméléon est une femme») à Fribourg.